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Dust Lane

Irish coffee

3 Février 2013 , Rédigé par Nicolas Pandarou Publié dans #rock, #rock alternatif

J'aurais pu vous parler des plus grands tubes de U2. Poster "I Still Haven't Found What I'm Looking For", "One" ou" With Or Without You", ces merveilleux tubes radio indémodables que tout le monde connait par coeur. Mais à quoi bon, puisqu'allumer RTL2 vous donne une chance sur 4 de tomber sur l'une de ces chansons (les 3 autres étant "Message In A Bottle", "A Kind Of Magic" et le dernier Jean-Louis Aubert). Non, vraiment, malgré les indéniables qualités commerciales et musicales de ces morceaux, ceci n'a aucun intérêt.

En revanche, on oublie trop souvent que U2, ce n'est pas seulement 4 Irlandais jouant une pop-rock efficace sur fond de démagogie et de "à mort la faim dans le monde". C'est aussi un groupe qui, au début de sa carrière, avait juré de mélanger le meilleur du rock 70's (punk, rock progressif, new-wave) et d'en faire quelque chose de puissant, d'élegant et d'urgent qu'on qualifiât pompeusement de "rock héroïque". C'est d'ailleurs dans cette version live de "Bad", sortie en 1985 sur l'EP Wide Awake In America, que ce qualificatif prend tout son sens : tout au long des 8 minutes que dure le morceau, l'intensité ne fera que grimper avant d'atteindre son paroxysme avec un Bono hurlant "I'm wide awaaaaake" tel un héros viking décapitant de sa lame une armée d'ennemis sur une vaste plaine irlandaise, aidé par le riff ravageur de The Edge écrasant littéralement tous les solos de hard-rock FM qui faisaient fureur à cette époque-là de l'autre côté de l'Atlantique. Ce n'est que dans les 2 dernières minutes que le calme revient progressivement sur la vallée de Dana et que les cris, les claquements métalliques des fers qu'on croise et les hénissements des chevaux font place au soufflement du vent dans les herbes, au bruit sourd du brisement des vagues dans les falaises et aux chants des oiseaux. Cela ne fait aucun doute : si Braveheart avait été Irlandais, il aurait été membre de U2.

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