My Bloody Amélie
Yann Tiersen, après nous avoir enchanté de ses ritournelles naïves et de ses mélodies parfaites (tout le monde a en tête les "Comptine d'un autre après-midi" et "Valse d'Amélie"), prend un chemin plus brut et rock depuis Les Retrouvailles en 2005. Dust Lane, sorti en 2010 (dont est extraite la chanson éponyme), semble être l'apothéose de la reconquête des instruments électriques par le Breton. Chef-d'oeuvre dream-pop et post-rock où se croisent les fantômes de Phil Spector, de My Bloody Valentine et de Frédéric Chopin, cet album en clair-obscur mélange habilement la naïveté et la mélancolie des compositions habituelles de Tiersen avec l'apport plus chaotique et urgent des distorsions de guitares et des nappes de synthé. Comme la photographie d'un coucher de soleil sur Ouessant, ce moment où le calme de l'île se heurte à la violence de la mer et à la beauté tranquille du crépuscule, Dust Lane est un disque contradictoire, complexe, mais pourtant immédiat et frappant. Bref, un condensé de la Bretagne sans une seule cornemuse.
Commenter cet article